les oreilles grandes ouvertes

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Trophy Wife

In Albums, Coups de coeur, News on 29/12/2011 at 16:57

Rêve ou réalité?

Comment expliquer cette étrange impression d’être dans un rêve éveillé qui nous saisit lorsqu’on les écoute, même sans faire attention aux paroles ni aux titres des morceaux? C’est là tout le talent de ce trio originaire d’Oxford, qui a choisi de se pencher sur les troubles du sommeil, et en particulier l’état intermédiaire où l’on a du mal à faire la différence entre rêve et réalité : ils ne parlent pas seulement des choses, ils nous les font vivre.

Leur nouvel EP s’intitule donc Bruxism – bruit que font souvent les dents quand on dort, ou « mouvement inconscient sans but précis concernant l’appareil manducateur » d’après wikipedia. Cela donne une musique très rythmée (cf la sautillante « Canopy Shade » ou « Sleepwalks », carrément dansante), avec un côté planant (présent sur la très belle dernière piste de l’EP « Wolf »). On se laisse porter par le son clair des instruments et la voix hypnotique de Jody Prewett, et on sourit.

Sur cet EP, les Trophy Wife ont décidé de changer leur mode de fonctionnement, et ont travaillé avec cinq producteurs différents : Ewan Pearson, Yannis Philippakis (Foals),  Andrew Halford, James Yuill (« Bruxism ») et Plaid (« Canopy Shade »). Une façon de laisser plusieurs voix s’exprimer conforme à la démarche globale concernant l’EP, puisque les troubles du sommeil sont à la fois universels et profondément personnels : tout le monde en souffre, d’une façon ou d’une autre, mais ils ne sont véritablement partagés que par celui qui est affecté et son partenaire…

Un de leurs précédents morceaux, « Surfacing », fait partie de la Compilation Kitsuné n°12, à écouter sur deezer.

Merci à Matt et Ellie de Stay Loose pour l’EP!

Similarités avec : MGMT, Cut Copy, Foals

Clip étrange et fascinant de « Wolf », réalisé par Yannis Philippakis de Foals

« Canopy Shade »

Clip encore plus étrange (!) de « Canopy Shade » à voir ici.

Bruxism (Blessing Force)

1. Canopy Shade
2. Bruxism
3. Seven Waves
4. Sleepwalks
5. Wolf

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Young the Giant (2)

In Albums, Concerts, Groupes favoris on 27/02/2011 at 11:00

Musiciens, magiciens

young the giantNouveau post à propos de cet extraordinaire groupe californien, à l’occasion de la sortie de leur premier album en tant que Young the Giant, sobrement intitulé… Young The Giant.

Mais d’abord, petit retour en arrière. En 2004, The Jakes était un groupe de lycéens, acronyme comportant la première lettre des noms des 5 membres du groupe (dont Sameer, Jacob et Ehson). Les années passent, les membres vont et viennent, sont dispersés dans différentes universités. Ils parviennent quand même à continuer d’écrire et à jouer ensemble régulièrement. En 2008, lorsque je les entends pour la première fois, ils sont six: Sameer (dont la voix aérienne ne peut vous laisser indifférent), Francois (alors bassiste),  Payam, Jason (ancien batteur), Ehson (claviers) et Jacob. Leur son est innatendu, rafraîchissant. Leur paroles à la fois poétiques et engagées. Plus sur leur premier EP dans cet article.

Aujourd’hui, Young The Giant se compose de (de gauche à droite sur la photo) : Sameer, Jacob, Francois, Eric, Payam. Tout s’est enchaîné depuis  qu’ils ont eu la chance d’assurer la première partie des Kings Of Leon en Janvier 2009, à la House of Blues de Chicago, après avoir été sélectionnés par le groupe et les fans. Ils signent chez Roadrunner Records, puis décident d’abandonner le nom de The Jakes, qui n’a plus vraiment de raison d’être étant donné la nouvelle composition du groupe, mais surtout, comme l’explique Sameer ici, correspond à une période révolue, celle des années lycée. Désormais, ils seront Young The Giant, témoins du « gigantesque combat que la jeunesse de chaque génération doit mener contre le cynisme et le désenchantement », d’après les mots de Sameer. Néanmoins, il rappelle aux fans qui pourraient être désorientés que « ce qui est important, c’est la substance, pas le nom ».

Hiver 2010. Le groupe se fait remarquer lors de sa performance aux CMJ Festival à New York. Résultat, un article dans les Inrocks, et sur leur site CQFD.  Voilà enfin un début de buzz dans notre beau pays! Le groupe annonce d’autre part la sortie du single « Apartment » au Royaume-Uni chez Young and Lost Club Records, un label indépendant basé à Londres connu pour dénicher les perles rares.

Arrive 2011. En Janvier, Young The Giant fait une apparition à la TV nationale US, en jouant deux chansons lors du « Jimmy Kimmel Live! ». Février, le groupe s’envole pour 4 dates à Londres, suivies par un showcase-surprise à Cologne (Allemagne). Ils seront de retour en Europe en mai prochain.

Que dire du nouvel album, dans les bacs (comme on dit) depuis le 25 Janvier? Simplement que la magie opère mieux que jamais. Quoiqu’en dise Pitchfork, ils n’ont pour moi pas perdu ce qui faisait d’eux un groupe unique et universel à la fois. Honnêtement, je n’avais pas totalement accroché à « My Body » la première fois que je l’avais entendue, et je l’écoutais un peu machinalement parce que c’était la seule nouvelle chanson disponible avant septembre ; mais depuis, surtout après l’avoir vécue en live à Londres, j’ai réalisé à quel point elle était centrale. C’est une sorte de pivot, quelque chose  de solide sur lequel ils s’appuient pour construire l’album entier.  Autour, gravitent des morceaux sensibles et émouvants, qui donnent des envies d’évasion. On retrouve deux nouvelles versions de chansons de l’EP Shake My Hand « Cough Syrup » et « Garands (at Normandie) ». L’album se clôt avec deux morceaux qui, tout en restant conforme au son global de l’album, sortent du lot : « Islands » (lente, très peu d’instruments, beaucoup plus ambient), et « St Walker » (un rythme original sur le refrain). La dernière piste, « Guns Out », nous ramène sur des terres connues, tout en laissant la porte grande ouverte sur de nouveaux horizons, « where the stars meet the sky »…

A noter que depuis quelques jours, on peut écouter « Apartment » sur Deezer, ce qui marque encore un pas en avant dans leur conquête de l’Hexagone! Mais par pitié, enlevez-moi cette biographie qui retrace l’histoire des Young Marble Giants…

« Apartment » en version acoustique, irréel

« Strings » pour l’excellent blog Big Ugly Yellow Couch

Ecoutez aussi leur magnifique reprise de la chanson d’Adele « Rolling in the deep », pour l’émission de Dermot O’Leary sur BBC Radio2 (UK)

Young The Giant

1. Apartment
2. My Body
3. I Got
4. Cough Syrup
5. God Made Man
6. 12 Fingers
7. Strings
8. Your Side
9. Garands
10. St Walker
11. Islands
12. Guns Out

Premier album disponible sur amazon, la fnac

Weaver at the Loom

In Coups de coeur, News on 06/12/2010 at 16:35

Bienvenue au Paradis

Deux ans exactement se sont écoulés depuis la première fois où j’ai entendu ce groupe du Minnesota. J’avais cliqué machinalement sur leur profil, perdu au milieu d’autres demandes d’amis  sur myspace… Sublime surprise. Au lieu de chansons légères, auxquelles je m’attendais vu leur jeune âge, c’est une musique mature et profonde, mais néanmoins modeste, qui atteint mes oreilles. Ici tout est douceur, tout est subtilité. On se croirait plongé dans du coton.

Une chanson en particulier m’a enchantée : « Without Fear of their Return ». Hônnetement, une des plus belles que j’ai jamais entendues. Je suis restée pendant les 7 minutes incapable de bouger, littéralement hypnotisée.

Leur EP I Was Searching And I Found est un morceau-fleuve composé de 5 pistes : les paroles de chaque chanson appartiennent à un même récit, et les titres eux-mêmes forment une seule et même phrase.

Comme quoi, on peut être un groupe chrétien et faire de la musique accessible à tous…

Similarités avec : Coldplay, Keane, The Temper Trap

myspace

EDIT 15/01/11 : le groupe a annoncé sur leur blog myspace qu’ils se séparaient. Le chanteur continuera sa carrière solo sous le nom de Weaver.