les oreilles grandes ouvertes

Archive for the ‘Albums’ Category

Wet

In Albums, Coups de coeur on 17/11/2013 at 20:35

Pierre de lune

wet

Je me souviens de la première fois où j’ai entendu un morceau de Wet : « Dreams » (notez le petit jeu de mots), sur HypeMachine. Redoutablement efficace, avec des billes de sons qui vont et viennent à contretemps façon pendule déréglée puis soudain se rangent tous en ordre sur le refrain. Le trio new-yorkais a depuis sorti un EP éponyme chez Neon Gold, le 15 octobre exactement. Un mois que cet EP m’obsède. Petit bijou de pop électronique et brillante, pierre de lune qu’on glisse dans sa poche comme un porte-bonheur, il surprend de par l’extrême précision avec laquelle il est ciselé. Entre Beacon et Chet Faker, Wet joue les architectes fous et s’amuse à construire et déconstruire par endroits sa jolie maison pop, où résonnent chant féminin, sons électroniques de toutes espèces et base rythmique R&B. Lire la suite »

Goldwave

In Albums, Coups de coeur on 02/12/2012 at 23:06

Mélodies d’hiver

goldwave night lights

Avec la chute des températures, le nouvel EP de ce groupe originaire de Caen ne pouvait pas mieux tomber.

Sorti chez Deux Minutes Trente, Night Lights (à écouter en intégralité sur le player ci-dessus) s’ouvre sur la piste du même nom, sorte de pont qui nous conduit jusqu’à l’entrée de leur monde. On le distingue au loin, sombre et hanté. La suite, c’est une grand messe solitaire, dans une immense salle voûtée parcourue de courants d’air. Au centre, le quintet fait vibrer ses guitares, convoquant tour à tour Radiohead, U2, Foals, Alt-J.

A déguster accompagné d’un verre de vin chaud.

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Superpoze

In Albums, Coups de coeur on 30/09/2012 at 11:32

Un savant fou de 20 ans

superpoze by mathieu lion

On reste dans la musique (plutôt) tranquille avec Superpoze, un jeune prodige français originaire de Caen, entendu sur Sourdoreille (lire aussi l’interview). A 20 ans à peine, il semble déjà avoir tout compris! On est littéralement scotché par la dextérité fantastique avec laquelle il combine sons organiques et synthétiques pour arriver à ce mélange sans fioritures, aussi rétro que moderne, qui surfe entre jazz, hip hop, trip hop, ou inspirations orientales. Et si ses morceaux sont souvent instrumentaux ou avec très peu de paroles, c’est à peine si on s’en rend compte à l’écoute : denses, variés et rythmés, ils nous apaisent sans jamais lasser.

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Woodkid

In Albums, Groupes favoris on 09/07/2012 at 11:12

Vive le Roi

woodkid by karim sadli iron

Oui, Yoann Lemoine, alias Woodkid, près d’un an après son apparition sur la scène musicale française… Parce que comme pour Mumford & Sons, il n’est jamais trop tard pour écouter! Parce que le son, l’image, la voix, tout est sublime. Un travail d’orfèvre, minutieux et délicat. Le chant nous accroche, les percussions nous entraînent, les cuivres nous enchaînent.

Sur l’EP sorti l’année dernière,« Iron » est suivie de 3 morceaux plus modestes, où les percussions sont remplacées par piano et violons. Parmi eux, « Brooklyn », ode d’une belle sincérité au quartier branché new-yorkais croisée avec une histoire d’amour ; la mélancolie absolue, hors du temps, qui va remuer si loin en vous que c’est un sourire qui finit par se dessiner sur vos lèvres.

Woodkid a dévoilé en mai dernier le clip du premier extrait de son album intitulé The Golden Age prévu pour cet automne, « Run Boy Run ». Un nouveau tour de force visuel et musical, qui reprend des éléments du clip de « Iron » en les étoffant encore: d’étranges créatures moussues s’extraient cette fois de terre pour rejoindre l’enfant dans sa course au ralenti.

Graphiste, réalisateur, musicien, chanteur… Vive le Roi.

Clip  de « Run Boy Run », grandiose

Clip de « Iron » et ses 14 millions de vues

Woodkid Iron EPx

Iron EP

1. Iron
2. Brooklyn
3. Baltimore’s Fireflies
4. Wasteland
5. Iron (Remix by Mystery Jets)
6. Iron (Remix by Gucci Vump)

Similarités avec: These New Puritans, Alt-J, M83, Aaron

facebook – deezer

Bailiff

In Albums, Coups de coeur on 24/04/2012 at 21:35

Dans les profondeurs de Chicago

Bailiff, c’est comme une plongée dans un Chicago où se mêleraient encore usines fumantes du siècle passé et gratte-ciels rutilants, symboles d’un tout nouveau capitalisme. Ce serait le Chicago souterrain, nocturne, sombre. Le Chicago des caves aux murs un peu sales, recouverts d’affiches, qui foisonnent et résonnent de musiques en tous genres…

Josh Siegel, Ren Mathew et Owen O’Malley font ce que j’appellerais du rock intelligent (et je ne dis pas ça parce qu’ils jouent aux échecs sur la photo). Grosses guitares, gros clavier, basse bien grasse… c’est du gros son, c’est sûr, mais écrit et enregistré avec subtilité. Et même si le groupe s’est formé récemment, il y a une impressionnante maturité dans leurs compositions et leur jeu. On est bien loin du pop/rock adolescent que certains s’acharnent encore à faire aujourd’hui! Seul petits bémols, le chant  un peu trop classique (moins d’effets ne ferait pas de mal), et peut-être quelques longueurs sur certains morceaux.

Leur premier album, sorti en juin 2011, s’intitule Red Balloon. Il est noir, poignant. J’aime particulièrement: la piste d’ouverture « Cricket » et ses choeurs inquiétants, sa guitare qui pleure comme un violon et ses percussions sourdes, « Everyday Fire », à contretemps, « Eventually », balancée et entêtante, « Curtains », au rythme soul/hip hop et aux guitares qu’on jurerait entendre chanter, « Red Ballon », pause à deux voix avec un refrain tout à fait pop (j’aurais bien vu une voix féminine pour donner encore plus de relief). A écouter en intégralité sur le player ci-dessous.

Similarités avec: Hooray for Earth, These New Puritans, Empires, New York Rivals, Broken Bells


« Emptied Out » en session HearYa Live

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Ancient Astronauts

In Albums, Coups de coeur on 18/02/2012 at 23:32

Voyager

ancient astronauts fad photography into bass and time

Heureusement que les disques existent encore! Ceci est un petit bijou récupéré il y a quelques jours chez naïve. Totalement différent de ce que j’écoute d’habitude, puisque c’est un genre de trip-hop spatial, instrumental la plupart du temps. Mais en ce moment, ce son doux comme une pluie de flocons se marie parfaitement avec mes cafés brûlants.

Sorti en 2011, Into Bass and Time fait suite à We Are To Answer, très beau premier album du duo allemand Ancient Astronauts, qui a vu le jour en 2009 (je vous invite à l’écouter sur soundcloud).

Le premier morceau, « Bass and Time », joue le rôle d’introduction: c’est un décollage en douceur, avec une basse sourde et des percussions claires. Recette que le groupe garde tout au long de l’album, mais en ajoutant cuivres, cordes (« Peace in the East », aux accents joliment orientaux, est l’un des morceaux les plus réussis de l’album),  mélodica (« Calvert Street Rock », merci The Untz pour le nom!) ou encore voix (mention spéciale pour Akua Naru sur « Last Night »), ce qui fait que ce n’est absolument pas lassant. Les influences se croisent, se décroisent… Impossible de s’arrêter lorsqu’on a commencé : on sent qu’on doit finir le voyage! Je mets quand même à part « Give it to you », un peu trop orienté rnb à mon goût.

Tout paraît venir naturellement et à propos dans la musique de ces génies du mix, qui parviennent sans aucun effort à faire fusionner les cultures. Et ça fait du bien.

Similarités avec : Morcheeba

Excellent mix fait par le groupe avec des extraits de Into Bass and Time (durée: env.10min)

Into Bass and Time (ESL)

1. Bass and Time
2. Still a soldier
3. The Shinng (feat. Azeem)
4. Impossible
5. Anti Pop Song
6. Don’t Stop (feat. Raashan Ahmad)
7. Worldwide
8. Eternal Searching (feat. W. Ellington Felton)
9. Peace In The East (feat. Entropik)
10. Calvert Street Rock
11. Give It To You (feat. Monsoon)
12. Rocket Science
13. Last Night (feat. Akua Naru)
14. Bitter Hypnotic (feat. Phat Old Mamas)
15. Nocturne

album sur deezerfacebooksite officieltous leurs dj mixes

Milagres

In Albums, Coups de coeur on 18/02/2012 at 21:42

Brrr…

milagres glowing mouth eric schwortz

Ne JAMAIS lire de chronique où que ce soit avant d’écrire à propos d’un album. Je le sais, pourtant. Mais quand j’ai vu leur nom dans Tsugi, je n’ai pas pu résister. Résultat, impossible de me sortir de la tête ces idées de vastes étendues nordiques et de buée sur les vitres. Quoique des traces de gel seraient encore plus appropriées, à mon avis… Et je rajouterais un vieux train qui file à travers ces étendues enneigées. Parce que Milagres ne fait pas de la musique immobile ; il y a une énergie froide et industrielle qui transpire des 11 morceaux de Glowing Mouth.

J’avais accroché immédiatement à « Halfway » qui ouvre l’album, mais ensuite je n’avais écouté que d’une oreille au bureau, et j’étais passée à côté de ce qui, après plusieurs écoutes attentives, se révèle être un très bon disque. Les morceaux s’enchaînent sans effort, les refrains restent en tête. Synthés vibrants, percussions laconiques, chant efficace qui passe des aigus aux graves (« Fright of Thee »), s’efface si besoin et devient un instrument comme les autres… Comment ne pas être conquis?

Le groupe, basé à New York, se voit comme « cinq mecs, un van, une aventure sans fin ». Même si on sait que toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin, on espère qu’elle durera très longtemps, cette aventure!

A écouter aussi: le vibrant « Gentle Beast », l’aérien « Glowing Mouth », le collant « Gone », le mélancolique « Doubted »

Téléchargez gratuitement « Here To Stay » sur leur page bandcamp.

Le clip barré et un peu flippant de « Halfway »

Glowing Mouth (Memphis Industries)

1. Halfway
2. Here To Stay
3. Glowing Mouth
4. Gentle Beast
5. Lost in the Dark
6. Fright of Thee
7. Moon on the Sea’s Gate
8. Gone
9. For Disposal
10. To Be Imagined
11. Doubted

Encore merci à Zaza pour l’album!

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We Have Band

In Albums, Groupes favoris, News on 21/01/2012 at 22:37

Electrique

Avec Weather, que je vois comme une promenade tranquille un jour de pluie, Meshell nous invitait à prendre le temps. We Have Band est un trio londonien qui propose tout à fait le contraire : leur son fuse, électrique, et on est happé dans le cercle infernal.

Il y avait déjà d’excellents morceaux sur leur premier album, sorti en 2010 : « Honeytrap », « Love What You Doing? », « Centrefolds and Empty Screens »… ou encore la géniale « Divisive », dont le clip produit par SoLab est drôle et original. A (re)découvrir sur youtube.

Deux ans plus tard seulement, le groupe revient avec un nouvel album, intitulé Ternion (qui sortira le 30 janvier chez naïve). On retrouve toujours beaucoup de sons électroniques, mais le squelette du disque, ce sont toutes ces percussions quasi tribales, qui maintiennent un climat de transe sombre et énergique. Le contraste entre cette rythmique ultra précise et les sons qui emplissent l’espace, doucement, comme du caramel mou, est parfait. C’est en ce sens que Ternion apparaît plus « grand » que son prédécesseur. Plus varié, aussi. On va d’une atmosphère à une autre, puis on y revient, pour en repartir ensuite… C’est un peu comme si on poursuivait un hyperactif ! Les rythmes sont parfois lents, mais on sent en permanence une sorte de tension, similaire à une piqûre de rappel, une petite voix qui dirait « allez, vite, vite, on passe au suivant ».

Voici par ordre de préférence, les morceaux que je trouve les plus efficaces sur cet excellent album: « Tired Of Running » (à écouter sur le sampler des Inrocks de Janvier), « Where Are Your People? », « After All », « Shift », « Rivers of Blood ».

Leur showcase acoustique chez agnès b. le 13 décembre dernier a été un succès : enthousiastes et débordant d’énergie, Dede, Tom, Darren et Marc (le batteur additionnel) tapaient sur tout ce qu’ils trouvaient… J’attends avec impatience leur concert de demain pour la soirée Plugged !

Téléchargez gratuitement 3 morceaux ici : « Watertight » (extrait de Ternion), une version acoustique de « What’s Mine, What’s Yours » (extrait de la version Deluxe de l’album disponible sur iTunes, vidéo ci-dessous), et une version revisitée de « Where Are Your People? » (qu’on retrouve sur la version Deluxe d’iTunes, ainsi que sur Ternion Aside, deuxième CD de la version physique Deluxe de l’album)

« Where Are Your People? », premier single de Ternion

http://soundcloud.com/wehaveband/where-are-your-people

Clip de « Divisive » (extrait de leur premier album WHB)

Vidéo acoustique de « What’s Mine, What’s Yours », lente et posée

Ternion (naïve)

1. Shift
2. After All
3. Where Are Your People?
4. Visionary
5. What’s Mine What’s Yours
6. Steel in the Groove
7. Tired Of Running
8. Watertight
9. Rivers Of Blood
10. Pressure On

facebooksite officielTernion en précommande sur amazon

Trophy Wife

In Albums, Coups de coeur, News on 29/12/2011 at 16:57

Rêve ou réalité?

Comment expliquer cette étrange impression d’être dans un rêve éveillé qui nous saisit lorsqu’on les écoute, même sans faire attention aux paroles ni aux titres des morceaux? C’est là tout le talent de ce trio originaire d’Oxford, qui a choisi de se pencher sur les troubles du sommeil, et en particulier l’état intermédiaire où l’on a du mal à faire la différence entre rêve et réalité : ils ne parlent pas seulement des choses, ils nous les font vivre.

Leur nouvel EP s’intitule donc Bruxism – bruit que font souvent les dents quand on dort, ou « mouvement inconscient sans but précis concernant l’appareil manducateur » d’après wikipedia. Cela donne une musique très rythmée (cf la sautillante « Canopy Shade » ou « Sleepwalks », carrément dansante), avec un côté planant (présent sur la très belle dernière piste de l’EP « Wolf »). On se laisse porter par le son clair des instruments et la voix hypnotique de Jody Prewett, et on sourit.

Sur cet EP, les Trophy Wife ont décidé de changer leur mode de fonctionnement, et ont travaillé avec cinq producteurs différents : Ewan Pearson, Yannis Philippakis (Foals),  Andrew Halford, James Yuill (« Bruxism ») et Plaid (« Canopy Shade »). Une façon de laisser plusieurs voix s’exprimer conforme à la démarche globale concernant l’EP, puisque les troubles du sommeil sont à la fois universels et profondément personnels : tout le monde en souffre, d’une façon ou d’une autre, mais ils ne sont véritablement partagés que par celui qui est affecté et son partenaire…

Un de leurs précédents morceaux, « Surfacing », fait partie de la Compilation Kitsuné n°12, à écouter sur deezer.

Merci à Matt et Ellie de Stay Loose pour l’EP!

Similarités avec : MGMT, Cut Copy, Foals

Clip étrange et fascinant de « Wolf », réalisé par Yannis Philippakis de Foals

« Canopy Shade »

Clip encore plus étrange (!) de « Canopy Shade » à voir ici.

Bruxism (Blessing Force)

1. Canopy Shade
2. Bruxism
3. Seven Waves
4. Sleepwalks
5. Wolf

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M83

In Albums, Groupes favoris on 09/10/2011 at 18:19

La tête dans les étoiles

Aujourd’hui projet d’Anthony Gonzales, M83 porte le nom d’une galaxie, et ce n’est pas un hasard : il y a quelque chose de grand et de magique dans sa musique, et ce ne sont pas Pitchfork ou Tsugi qui me contrediront.

C’est grâce à naïve et GetDaSound que j’ai découvert cet artiste hors du commun le mois dernier. « Midnight City », première chanson que j’ai entendue, a été une véritable révélation. Je la télécharge immédiatement (ça tombe bien, c’était gratuit!). En marchant sur les pavés dans le soleil parisien, mon casque sur les oreilles, c’est tout simplement l’extase.

Depuis, j’ai pu écouter Hurry Up We’re Dreaming, le nouvel album (ou plutôt double-album) qui sortira le 17 octobre prochain, et je n’ai pas été déçue. En un mot : grandiose! Synthés, sons électroniques, piano, cuivres, M83 ne fait pas dans la demi-mesure. En fait, comme avec Sparkadia aujourd’hui réduit à son chanteur, on a du mal à penser cette oeuvre comme le fruit d’un projet individuel. C’est trop complet, trop multiple ; comme si on s’aventurait au-delà de l’humain.

Sur les 22 pistes du double-album, on trouve une dizaine de morceaux chantés, entre lesquels s’intercalent de courtes pauses musicales plus ambient, pour former un ensemble solide et uni. De ce voyage intergalactique, je retiens 9 moments forts :
« Midnight City », au refrain hallucinant et orgasmique. C’est un décollage parfait, on est collés à notre siège.
« Reunion ». Stabilisation de la vitesse sans perdre en puissance sonore… On file à travers l’espace.
« Wait », poignante de douceur et de simplicité. Moment nostalgique. Sans comprendre les paroles, j’imagine une réflexion sur la possibilité d’un voyage sans retour.
« Raconte-moi une histoire », rêve poétique d’un enfant peuplé de grenouilles.
« Claudia Lewis ». Nouvelle accélération, avec une basse très présente.
« OK Pal », et son irrésistible mélodie « feel good ».
« Splendor », calme et hantée par de nombreuses voix et choeurs. Une atmosphère quasi-religieuse.
« Steve McQueen », à l’énergie posée. On sent comme une impatience juste retenue de rentrer chez soi.
« Outro », le retour, lent, vers la Terre ; parmi les humains.
Et c’est la fin. On frissonne, on a un sourire. Et puis on retourne à ses occupations, des étoiles dans les yeux.

Si vous n’avez pas pu acheter de billets pour son concert [complet] à la Gaité Lyrique le 30 novembre prochain, séance de rattrappage à la Cigale le 15 mars 2012!

« Midnight City »

Similarités avec : Awolnation

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